LA TERRE
Personne n'a planté le parc à karité et personne ne peut le remplacer vite. Un arbre coupé pour le charbon cette année disparaît pour une génération.
Les karités poussent spontanément dans la savane, mêlés aux terres cultivées plutôt qu'alignés en plantation. Il leur faut plus de quinze ans pour fructifier correctement, puis ils produisent pendant des décennies : c'est l'un des rares actifs du paysage que l'on gagne à laisser tranquille.
Ils valent aussi de l'argent en charbon de bois, et le charbon paie ce mois-ci plutôt que la saison prochaine. Là où le revenu du ramassage est incertain, couper devient rationnel pour le foyer qui le fait. C'est le mécanisme par lequel une filière se détruit elle-même, et il ne se règle pas en demandant aux gens d'être patients.
C'est pourquoi nous traitons le prix comme une question environnementale et non seulement commerciale. Un groupement disposant d'un revenu saisonnier fiable a une raison de laisser les arbres debout qu'aucune campagne ne peut fabriquer. Comment les prix sont fixés.
À condition que le ramassage paie de façon fiable. Notre part consiste à convenir des prix avant la saison et à payer le jour même.
Il n'y a pas de plantation à agrandir. L'offre croît parce que davantage de communautés ramassent, non parce qu'on défriche. Qui ramasse.
Quinze ans ou plus avant de fructifier. Les pertes dues au charbon et au défrichement sont irréversibles à toute échelle commerciale.
Nous sommes une société de négoce, pas un organisme de conservation. Ce que nous maîtrisons, c'est notre façon d'acheter, et nous préférons le dire plutôt que revendiquer un programme que nous ne menons pas.
Si vous achetez chez nous et souhaitez des précisions sur l'origine d'un lot, demandez. Nous préférons répondre plutôt qu'être crus sur parole.